Pointe et contre pointe
Les pointes d'entraînement et les contre-pointes servent à maintenir la pièce par ses deux extrémités pour le tournage entre pointes, la contre-pointe étant montée dans la poupée mobile. Elles s'adressent au travail des pièces longues comme les fuseaux, manches, pieds et barreaux. En tenant la pièce sur son axe à ses deux bouts, elles assurent stabilité et concentricité tout au long de la passe.
Les pointes d'entraînement et les contre-pointes tiennent la pièce par ses deux extrémités. La pointe d'entraînement, côté broche, transmet la rotation ; la contre-pointe, montée dans la poupée mobile, soutient l'autre bout. Ce montage entre pointes est le maintien de référence pour tout ce qui est long et cylindrique : fuseaux, manches, pieds de meuble, barreaux.
En tenant le bois sur son axe à ses deux bouts, ce système garde la pièce parfaitement alignée pendant toute la passe. L'alignement conditionne directement le faux-rond final : une pièce bien tenue entre pointes tourne rond du premier au dernier passage de gouge.
Contre-pointe tournante ou fixe
Deux familles se distinguent, selon que la pointe suit ou non la rotation de la pièce :
la contre-pointe tournante, montée sur roulement, tourne avec le bois sans frotter : pas d'échauffement, pas de marque de brûlure, idéale à vitesse élevée ;
la contre-pointe fixe, plus simple, ne tourne pas et demande un peu de lubrification pour limiter l'échauffement au point de contact.
Pour un usage régulier et à bonne vitesse, la tournante s'impose. La fixe garde son intérêt pour des travaux ponctuels ou à faible régime.
Les formes de pointes
L'extrémité qui entre dans le bois se décline selon la prise recherchée. La pointe sèche, effilée, marque simplement le centre. La pointe à cuvette entoure une petite portée et centre mieux. La pointe boule épouse une extrémité arrondie. Côté broche, les pointes d'entraînement plantent des ergots dans le bois pour le faire tourner.
Beaucoup de systèmes proposent des embouts interchangeables montés sur cône morse : on change la forme de pointe sans changer tout le corps. C'est pratique pour passer d'une pièce à l'autre. Un même jeu couvre alors plusieurs usages, du fuseau fin au barreau épais, sans multiplier les accessoires.
Le choix de la forme n'est pas anodin. Une pointe trop fine sur un bois tendre s'enfonce et perd le centre ; une cuvette sur une extrémité déjà arrondie centre mieux et répartit l'appui. On adapte la forme à l'extrémité de la pièce plutôt que l'inverse.
Vérifier le cône morse
Toutes ces montures s'emmanchent sur le cône morse de la poupée mobile. C'est la cote à contrôler avant d'acheter : un cône qui ne correspond pas, et l'embout ne tient pas. La valeur figure dans la section Tour à bois. Prenez l'habitude de la relever une fois pour toutes, elle vaut pour toutes vos pointes.
Régler la pression et entretenir
La pression de la contre-pointe se dose : assez pour maintenir fermement, pas au point d'écraser le bois ou de le cintrer. En cours de séance, le bois peut se tasser ou sécher légèrement ; resserrez alors pour garder la tenue. Sur une pointe fixe, un léger film de lubrifiant évite l'échauffement et le marquage.
Surveillez l'état des pointes : une pointe émoussée ou encrassée centre moins bien et laisse du faux-rond. Pour les pièces tenues par une seule extrémité, reportez-vous aux sections Mandrin & bague et Plateaux, qui couvrent l'autre grande façon de travailler au tour.