Tagua
La tagua est une noix très dure, dite ivoire végétal ou corozo, utilisée comme substitut de l'ivoire animal pour les petites pièces. Cette collection s'adresse aux tourneurs, bijoutiers et créateurs réalisant boutons, perles et menus objets soignés. Une matière pensée pour la finesse, où la blancheur et la densité permettent un poli proche de l'ivoire dans le respect de la matière végétale.
La tagua, qu'on appelle aussi ivoire végétal ou corozo, est la graine d'un palmier qui durcit en séchant jusqu'à devenir une matière compacte, blanche et parfaitement homogène. Pendant longtemps, elle a remplacé l'ivoire animal sur les petites pièces, et c'est toujours ce qui fait son intérêt : un grain très fin, une densité régulière et un poli qui approche celui de l'ivoire, dans une matière naturelle et renouvelable.
Sa taille reste celle d'une noix, ce qui oriente logiquement le travail vers les objets de petite dimension, là où la finesse compte plus que le volume.
Ce qu'on réalise avec la tagua
La tagua se prête au tournage de précision, au perçage et à la gravure. Son grain serré tient les détails nets et accepte un ponçage très poussé sans arrachement ni peluchage. On l'emploie surtout pour :
des boutons, où la blancheur et la dureté font tout le rendu ;
des perles et des éléments de bijou à percer puis à enfiler ;
de menus objets tournés qui réclament un poli soigné.
Sa teinte naturellement ivoire se laisse aussi teinter pour obtenir des coloris variés, sans que cela change la façon de l'usiner. On la voit aussi employée en marqueterie fine, en incrustation et en manche de petit outil, partout où l'on veut une matière claire, dure et stable dans le temps.
Une alternative à l'ivoire
L'intérêt premier de la tagua tient à sa nature : c'est une matière végétale, renouvelable, qui reproduit l'aspect et le toucher de l'ivoire sans y toucher. Elle en a la blancheur, la densité et ce léger fondu de teinte sous la lumière, ce qui explique qu'elle ait servi de substitut pendant des générations. Pour un créateur, c'est une façon de retrouver ce rendu recherché en travaillant une matière saine et sans réserve.
Bien choisir ses noix
FTFI propose la tagua en noix entières ou préparées, dans des calibres adaptés aux boutons, perles, bijoux et petites pièces tournées. Pour choisir, partez de l'objet et de la matière réellement disponible dans la noix :
une noix saine et bien calibrée pour tourner boutons et perles ;
une matière homogène, sans fissure ni creux apparent, pour la gravure et le poli fin.
Gardez en tête que la dimension limitée des noix fixe d'avance le format de vos pièces. La matière vient d'arrivages, sa disponibilité peut donc varier au fil des saisons.
Travailler et polir la matière
La tagua aime les outils bien affûtés et une vitesse maîtrisée. Percez par passes courtes, en dégageant les copeaux, pour éviter l'échauffement qui fait fendre la graine. Attaquez le tournage avec un fil vif, car une arête émoussée écrase la fibre au lieu de la couper. Terminez par un ponçage aux grains de plus en plus serrés, puis un lustrage : c'est à ce moment que la surface prend son éclat proche de l'ivoire. Si vous voulez de la couleur, teintez avant le lustrage, la matière retenant bien le pigment tant qu'elle n'est pas refermée par le poli.
Autres matières naturelles à découvrir
Pour d'autres matières originales à tourner, voyez la rubrique Piassava et sapucaja, aux textures fibreuses et contrastées, ou la rubrique Banksia, dont les cônes alvéolés donnent des pièces très graphiques. À côté de la tagua, elles composent un petit registre de matières naturelles atypiques, chacune avec son geste et son rendu propres.