Fermoirs
Les fermoirs sont des gouges larges et plates utilisées pour aplanir et finir les surfaces sculptées. Ils s'adressent aux sculpteurs qui veulent égaliser un fond, adoucir les reliefs et donner à leur pièce un rendu net en fin de travail. Leur tranchant à faible cambrure couvre de larges plages tout en laissant une surface régulière.
On réunit ici les fermoirs de sculpture parce qu'ils répondent tous à la même question : comment reprendre une surface déjà dégrossie pour qu'elle soit nette, plane et régulière. Le fermoir, c'est la gouge large et presque plate qui passe en dernier, une fois le volume établi. Sa faible cambrure rase la matière au lieu de la creuser, efface les traces laissées par des outils plus mordants et donne au fond son aspect fini.
Cette sélection est pensée pour le moment de la finition, pas pour l'ébauche. Elle rassemble des largeurs et des courbures qui se complètent, de façon à couvrir les cas que l'on rencontre vraiment sur l'établi : un grand aplat à unifier, un fond de bas-relief à égaliser, une forme galbée à suivre sans y laisser d'ondulations.
Dans quelles situations le fermoir s'impose
Le fermoir intervient quand la forme est déjà là et qu'il faut la rendre propre. Il sert à planer le fond d'un bas-relief pour qu'il accroche la lumière de façon uniforme, à adoucir la jonction entre deux reliefs, à effacer les coups de gouge trop marqués d'un dégrossissage rapide. C'est l'outil du geste calme, souvent à la poussée, quand on cherche la surface tenue plutôt que l'enlèvement de matière.
Choisir la bonne largeur et la bonne cambrure
Deux critères décident presque tout dans cette sélection :
la largeur du fer : large pour couvrir vite un grand aplat en peu de passes, plus étroite pour se glisser entre les reliefs et travailler les surfaces réduites ;
la cambrure : quasi plate pour planer un fond droit sans le creuser, très légèrement creuse pour épouser une surface bombée sans l'accrocher aux angles.
Un fermoir trop plat sur une forme galbée mord par les coins ; un fermoir trop cambré sur un aplat laisse des vagues. On raisonne donc par la surface à finir, pas par habitude.
Travailler proprement avec un fermoir
Le fermoir donne son meilleur avec un fil parfaitement affûté et des passes fines. On suit le sens des fibres, on écoute l'outil : dès qu'il arrache au lieu de raser, c'est qu'on remonte le fil ou que le tranchant faiblit. Il se pousse le plus souvent à la main, la lame bien à plat sur la surface, en poussant depuis l'épaule plutôt qu'avec le seul poignet. Pour une frappe mesurée, on l'associe à un maillet léger : on ne cherche pas à enlever de la matière mais à guider un rasage régulier. Sur un bois dur ou capricieux, on réduit la largeur travaillée et on croise légèrement le fer pour couper en biais, ce qui adoucit la coupe.
Entretien du tranchant
Comme le fermoir passe en dernier, son fil doit être irréprochable : le moindre ébréchage se lit tout de suite sur la surface finie. On repasse régulièrement le tranchant sur la pierre fine puis sur le cuir, en respectant le très faible bombé de la lame pour ne pas créer d'angles qui accrocheraient. Un fermoir bien entretenu reste des années le dernier outil qui passe sur la pièce avant le ponçage ou l'huile, et c'est souvent lui qui décide de la qualité du rendu final.